Bonsoir les KOPains,
À l’occasion de l’hivernal de F4KMI, Dimitri m’a demandé d’expliquer ce qu’est une expédition, ou plus simplement comment ça fonctionne.
J’ai donc préparé ce petit texte en 10 points que vous trouverez ci-dessous.
Attention, je ne prétends absolument pas avoir la science infuse : je partage simplement ce que j’ai vécu lors des différentes expéditions auxquelles j’ai participé.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Bonjour à toutes et à tous. Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui fait rêver beaucoup de radioamateurs, les expéditions radioamateurs, ou DXpeditions. Derrière un indicatif rare que l’on travaille en quelques secondes avec sa station, il y a souvent des mois de préparation, voire des années, mais surtout quelques peux d’expérience. Mon objectif n’est pas de vous faire rêver uniquement, mais de vous montrer concrètement comment on organise une expédition, étape par étape, avec ses réussites… et ses galères.
Attention une expédition n’a rien a voire avec une activation ou autre pile up du samedi matin sur 40 mètres.
- Le choix du pays
Tout commence par une idée ! un pays, une île, une entité DXCC. On ne choisit pas un pays uniquement parce qu’il est rare. Il faut aussi penser à l’accessibilité, à la stabilité politique, aux autorisations avec l’indicatif, l’hébergement, la restauration, et parfois à la météo. Il faut également tenir compte de l’équipe, si c’est une équipe de novice ou d’accoutumés aux DX expeditions.
Une entité très rare mais impossible à atteindre ou trop dangereuse peut vite transformer le rêve en cauchemar.
Pour une 1ère expédition il faut mieux commencer par une ile Francaise, un IOTA et toujours une valeur sure pour commencer et s’entrainer.
- Le choix de l’équipe
Une DXpedition, ce n’est pas une performance individuelle, c’est une aventure collective. On choisit des opérateurs compétents, bien sûr, mais surtout des personnes capables de vivre ensemble, de partager un espace réduit, de travailler fatiguées, parfois stressées. Une mauvaise entente peut ruiner une expédition, même avec le meilleur matériel du monde.
Souvent quand nous faisons entrer un nouveau dans l’équipe on lui demande un petit cv et sa motivation, et quelques personnes de l’équipe l’on déjà côtoyé au club ou lors des contests
- Le matériel
Contrairement à ce que l’on pense, une DXpedition ne repose pas sur du matériel exceptionnel. Elle repose sur du matériel fiable, simple et identique. Chaque élément critique doit avoir un plan B. Une station qui tombe en panne, un câble oublié, et c’est parfois une bande entière qui disparaît. J’ai également oublié de mentionner une étape essentielle d’une XP la préparation du matériel en amont,avec l’étiquetage de chaque élément et l’établissement d’une liste détaillée du contenu de chaque valise.
Ce travail long et fastidieux, souvent invisible, est pourtant déterminant pour le bon déroulement de l’opération, aussi bien pour le transport, l’installation sur site que pour le retour du matériel.
- L’administratif
C’est souvent la partie la moins passionnante… mais la plus risquée. L’indicatif est parfois le vrai combat. Certains pays demandent des mois de démarches, des contacts locaux, des documents traduits. Le carnet ATA, les visas, les assurances, les vaccins tout doit être anticipé très tôt.
- Le transport
Voyager avec une station radio, ce n’est pas voyager léger. Entre les limites de poids, le fret, les contrôles douaniers, il faut tout prévoir, le bus ou les voitures ou le bateau, entre l’aéroport et le site de l’expedition,. Et surtout accepter qu’une partie du matériel puisse arriver en retard… ou pas du tout. D’où l’importance de la simplicité et de l’adaptabilité.
Il faut penser à ne jamais mettre la même chose dans sa valise, par exemple une triplette dans chaque valise, un jeu de filtres de bandes, plusieurs colis avec les antennes et toujours avoir du fil électrique pour fabriquer des dipôles
- Le site et l’installation
Tout doit être prévu d’avance, on essaye de gérer l’installation des antennes et la place disponible avec google maps, ou avec un operateur local, ou avec une équipe qui a précédemment été sur site
Une fois sur place, le temps devient précieux. Il faut installer vite, mais surtout bien et en sécurité. Une antenne mal haubanée, un coax mal protégé, et ce sont des heures de trafic perdues. Le site idéal est souvent simple proche de la mer s’il y en a une, ou au bord d’un lac, calme électriquement, et avec de l’espace si possible.
- Le trafic radio
Le trafic est le cœur de l’expédition, vous serez toujours juger sur votre qualité de trafic. Les pile-ups peuvent être énormes.
Il faut être discipliné, clair, efficace, et parfois ferme lors de moments compliqués, c’est toujours l’opérateur qui même la danse et ses aux appelants de comprendre le trafic de la station suivant l’opérateur.
De l’autre côté une bonne organisation des plannings et des ouvertures de bandes permet de couvrir toutes les bandes et tous les modes, tout en préservant les opérateurs du stress du choix de bandes ou mode. Le leader et le co leader sont présent pour gerer cela.
- Fatigue et stress
Après quelques jours, la fatigue s’installe. Le manque de sommeil, la chaleur, le bruit… tout s’accumule. C’est là que l’humain reprend le dessus. Savoir faire des pauses, gérer ses shifts et ses heures de sommeil, prendre une bonne douche s’il y a de l’eau pour toute l’équipe, boire un café, prendre quelques minutes de pause et accepter de laisser le micro en cas de fatigue ! dans une équipe se soutenir mutuellement est essentiel.
- Le log et Internet
Bien avant le début de l’expédition, il y a la partie communication, un site internet, un facebook et une communication précise et adapté, cela ne sert à rien de communiquer pour communiquer, il faut être conscient de son projet et de son potentiel, ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
Une expédition se commence sur l’air mais aussi sur le cluster et sur club log avec les stats voire avec le trafic en direct avec le livestream. Le log doit être propre, sauvegardé, vérifié. Internet permet de rassurer les chasseurs, de publier les logs, mais il faut toujours prévoir qu’il puisse tomber en panne. »
Mais une XP ne se limite pas à la radio sur le terrain. Elle se prolonge bien au-delà, avec tout le travail de valorisation et de suivi :
– la réalisation de la vidéo,
– la rédaction du texte accompagné des photos, notamment à destination des sponsors,
– la mise en ligne et la confirmation des QSOs sur LoTW,
– ainsi que la gestion des QSL, qu’elles soient directes ou via le bureau.
Autant d’étapes indispensables qui font partie intégrante de la réussite globale de l’expédition, même si elles sont moins visibles que le trafic radio lui-même.
10. Le coût d’une expédition radioamateur
C’est une question qui revient systématiquement combien ça coûte ? La réponse est simple… ça dépend. Une expédition radioamateur peut coûter quelques milliers d’euros, où plusieurs dizaines de milliers, selon l’entité, la durée et l’ambition du projet.
Les principaux postes de dépense sont d’abord le transport, billets d’avion, surpoids bagages, fret, parfois bateaux ou vols intérieurs. Vient ensuite le logement, souvent sur plusieurs semaines, puis la location de véhicules et le carburant pour les groupes électrogènes.
Le matériel représente aussi un budget important radios, amplificateurs, antennes, mâts, câbles, groupes électrogènes. Même si une partie appartient au club, il faut souvent acheter, louer ou remplacer du matériel.
Il ne faut pas oublier l’administratif, licences, indicatif, visas, carnet ATA, assurances, vaccins. Ces coûts sont parfois sous-estimés, mais ils peuvent être très élevés selon le pays.
Enfin, il y a les coûts invisibles casse de matériel, retards, frais imprévus, connexions Internet, cartes SIM, électricité. Une bonne règle est de toujours prévoir une marge de sécurité.
Pour donner un ordre de grandeur nous essayons a F6KOP de ne jamais dépasser un gros budget par operateur ! et pour le reste il y a les aides de clubs, dons, sponsors, fondations DX.
La transparence financière est essentielle, avant comme après l’expédition et afin d’éviter tous quiproquos entre opérateur et organisateur une charte de l’expedition est signé par chaque participant.
Conclusion
Pour conclure, organiser une DXpedition, ce n’est pas seulement être sur l’air depuis une entité rare. C’est une aventure humaine, faite de préparation, de compromis, de fatigue, mais aussi de moments incroyables. Et malgré les difficultés, une chose est sûre quand on y a goûté une fois… on a souvent envie d’y retourner. Merci de votre attention.












































